Le manipulateur pervers narcissique

« Je suis l’esprit qui toujours nie ; et c’est avec justice ; car tout ce qui existe est digne d’être détruit, il serait donc mieux que rien n’existât. Ainsi tout ce que vous nommez péché, destruction, bref, ce qu’on entend par mal, voilà mon élément. »

Méphistophélès dans le « Faust » de Goethe

Le terme « pervertir » est issu de deux termes latins : « per » et « versus » (tourné). Il est employé pour désigner une personne qui est « enclin à faire le mal ».

Le manipulateur pervers narcissique est donc une personnalité tournée vers le mal, de façon intentionnelle.

C’est un prédateur qui renvoie la plupart du temps l’image d’un homme ou d’une femme parfaitement intégré dans la société, d’apparence agréable et bienveillante. Comment faire le mal si on ne se cache pas ? C’est un illusionniste, un acteur qui n’a pas besoin de passer le conservatoire pour vous jouer votre pièce préférée tous les jours, ou bien vous dire ce que vous avez envie d’entendre. Il maîtrise à la perfection l’art du PARAÎTRE et de la PAROLE.

Il est extrêmement difficile de le reconnaître, car plusieurs profils de perversions existent. Et c’est d’autant plus compliqué, car il use de ruses pour vous faire croire qu’il vous veut du bien. Tout en vous manipulant et en vous torturant psychologiquement, en vous mettant sous emprise.

Mais il fait en sorte de culpabiliser (son arme la plus redoutable) sa victime. Son maître-mot est la domination et le pouvoir absolu. Il va mettre en place un mode opératoire vous laissant croire que tout ce que vous faites ou pensez vient de vous, alors que c’est lui qui l’aura induit insidieusement. Sa subtilité mentale est très difficile à débusquer, car il ne change jamais d’attitude et ne rentre que très rarement dans des postures réactionnelles. Il attend patiemment que la réaction vienne de vous.

Le manipulateur pervers narcissique s’octroie toujours le droit de dire, nommer ou faire ce que, par ailleurs, il vous aura interdit de dire, nommer ou faire, et se trouvera tous les prétextes du monde à agir ainsi. C’est en ce lieu même, entre le dire et le faire, que l’on identifie un comportement pervers.

Il joue le rôle de la victime lorsqu’il voit que son objectif est sur le point d’échouer.

Son seul but est la destruction. Le fonctionnement de cet assassin psychique a pris racine dans son enfance. Il a toujours refusé de consulter, pensant qu’il n’en avait pas besoin. Il fait donc porter son désordre psychique aux autres et est resté figé dans une structure mentale d’adolescent.

Il est entièrement coupé de ses émotions. De ce fait, cela lui permet de trouver toutes les astuces pour faire collaborer sa victime à ses manoeuvres de destructions, sans qu’elle n’en ait aucune conscience.

Il est un adversaire redoutable qui ne se remet jamais en question, il est dépourvu d’états d’âme. Ce qui laisse à penser que rien ne peut l’atteindre. Sauf le jour où il sera démasqué.